Comment changer de métier et se reconvertir vers l’audiovisuel ?

Ou comment faire le bilan après 5 années passées depuis que j’ai quitté mon ancien travail
pour me consacrer pleinement à l’audio-visuel.

Rétrospective…

– 2000 : j’entrais dans la vie active avec mon DUT Génie Mécanique et Productique en poche, et décrochais mon premier CDI, dans l’industrie automobile (dans une usine de fabrication de moteurs et de boites de vitesses d’un grand constructeur français, commençant par « Re- » et finissant par « -nault » lol)

– 2003 : 3 ans plus tard, j’achetais mon tout premier appareil photo numérique, un Sony DSC-F828.

DSCF828Ma culture de l’image était alimentée par une adoration certaine des plus grands bloc-busters américains des années 80, 90, et 2000, et gavée de séances de cinéma et bonus DVD en tout genre (featurettes, B-Roll, comentaires audio, etc, …).

Modus1

mon tout premier photo-montage sous photoshop !

Après avoir passé quelques années à bidouiller des photos tout seul dans mon coin, j’ai commencé à m’intéresser à la vidéo. Mais je me suis vite rendu compte que tout seul je n’arriverais pas à grand-chose.

Mon choix premier de recherche d’une équipe s’est porté tout naturellement vers mes amis proches et ma famille, mais mon entourage avait d’autres priorités.

– 2007 : Merci Internet !

banniereordresithCar c’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à participer à des projets indépendants, comprenez “sans budget”, avec des gens tout aussi passionnés que moi.

De 2008 à 2010, ma participation allait grandissante sur des projets ambitieux comme L’Ordre Sith, Projet Phoenix, GRISP-Profilers, et Les Seigneurs d’Outre Monde.

Monteur : GRISP Ep. 10lesseigneurdoutremonde-banniere_468x60Ces différents projets m’ont donné l’opportunité de rencontrer des professionnels de l’audio-visuel, et petit à petit l’idée d’une reconversion professionnelle a fait son chemin.

Tentative N° 1 : comme chacun le sait l’industrie automobile étant en grande difficulté depuis quelques années, elle ne manque pas d’inventivité pour tenter de réduire ses effectifs. Malheureusement l’option d’un départ volontaire ne semblait pas suffisamment alléchante pour me permettre de tenter l’aventure.

Tentative N° 2 : le CIF (Congé Individuel de Formation) était une solution prometteuse sur le papier, mais qui s’est avérée être au-delà de mes moyens avec une formation diplomate de monteur graphiste en 1 an, qu’il me fallait prendre à ma charge, soit 14 000 euros (hors charges). Sans certitude aucune d’obtenir un travail à l’issue de la formation.

Tentative N° 3 : la rupture de contrat conventionnée. Cette fois ce fut la bonne !
Car cette option me permettait de prétendre à 2 ans d’ARE (Aide au Retour à l’Emploi) du Pôle Emploi, accompagnée d’une prime de licenciement, modeste mais non négligeable.

– 02 Juin 2010 : L’aventure commençait.

280px-Logo_Pôle_Emploi

Pôle Emploi devenait mon nouvel employeur… ^^

2 ans ! C’était le délai que j’avais pour confirmer que j’avais les compétences pour prétendre à un emploi dans l’audio-visuel. Mon but était d’arriver à obtenir le statut d’intermittent du spectacle grâce au métier de Monteur Graphiste. J’ai donc d’abord pris quelques mois pour consolider une bande démo de qualité et aussi pour faire avancer les différents projets en cours (DVD de L’Ordre Sith par exemple).

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mon premier job !

En Avril 2011 je décrochais mon premier contrat d’assistant infographiste effets visuels. Belle victoire pour moi, auto-didacte venu d’un autre univers, je prenais enfin conscience que c’était possible de changer de métier.
Se sont ensuite alternées différentes périodes de doutes et incertitudes sur l’obtention de mes heures (comme on dit) pour enfin, obtenir mon statut d’intermittent du spectacle en Octobre 2012.

DSC07484

après la pluie vient le beau temps

2013 : un bilan très mitigé

Même si je dois reconnaître que j’ai la chance d’arriver à vivre de ma passion, il n’en reste pas moins que mes revenus ont d’abord été réduits de moitié par rapport à mon ancienne vie. Lorsque l’on souhaite changer de métier ou de travail, ou vivre de sa passion, avant de se lancer, il est très important de bien lister ses motivations, peser le pour et le contre, et définir ses objectifs à court, moyen et long terme. Dans mon cas il n’y avait de moyen de retour en arrière.
En cours de route, il faudra savoir prendre du recul pour faire le point, et parfois réajuster ses propres objectifs.
Et surtout, dès le départ, il faut être prêt à reconnaître que l’on a pu se tromper.

250px-France_road_sign_AB4.svg2014 : l’année où j’ai failli tout arrêter …

Les difficultés financières étaient telles que j’en était arrivé à un constat simple : soit les choses changeaient, soit j’arrêtais tout.
Et en Septembre 2014 les choses ont changé !
De nouveaux employeurs et de nouvelles opportunités se sont présentées à moi, et avec des propositions salariales au niveau du marché.
Depuis Septembre 2014, je crois qu’il ne s’est pas passée une semaine sans un nouveau projet proposé ou lancé !

Actuellement je prends conscience que Les Seigneurs d’Outre Monde, film auquel je participe depuis son lancement, est un projet hors norme. Même s’il reste encore une certaine charge de travail à accomplir pour arriver au bout, je n’en reste pas moins motivé et déterminé.

D’un point de vue purement professionnel, je suis ravi de voir que Rémi (Hoffmann – réal. du film Les Seigneurs d’Outre Monde) et moi même avons de plus en plus de projets pro en commun, ce qui est une très bonne chose car nous avons mis en place une méthode de travail éprouvée sur Les Seigneurs d’Outre Monde, depuis maintenant de nombreuses années. Travailler avec des gens à la fois de confiance et qui comprennent votre métier, c’est un critère important quand à la bonne réussite d’un projet.

Geekopolis_2015_tournage_melies

sur le tournage des spots de pub Geekopolis 2015

Et tout ça, ça fait plaisir 😉

Après tant d’années de galères, je vis enfin mon métier avec non seulement toujours autant de passion, mais avec beaucoup plus de sérénité. Attention, je ne sais pas sur quel projet je travaillerais la semaine prochaine, et encore moins le mois prochain, mais c’est un état d’esprit avec lequel il faut apprendre à composer, et à vivre. Et parfois, il faut aussi pousser un peu la chance de son coté, ne pas hésiter à aller de l’avant et être curieux de toutes sources d’inspirations, sans tomber dans la procrastination :-)

Aujourd’hui je peux donc affirmer que je suis : cadreur – monteur – graphiste.
Pas toujours les 3 à la fois sur les projets auxquels je participe, mais suivant les cas, il m’a fallu m’adapter et répondre à la demande.
Le métier de cadreur reste encore pour moi une activité occasionnelle, et que je ne manque pas de mettre à l’épreuve dès que l’occasion se présente. Car c’est à ce moment que naissent bien souvent des idées qui prendront forme ensuite en post-prod.

Après ces quelques années passées, j’ai donc fait évoluer mon ancien blog devenirmonteurougraphiste, qui est devenu : www.dslretvfx.fr

dslretvfx.fr reprend tout ce qui me passionne avec une approche beaucoup plus pro.
– Le DSLR est mis à l’honneur, avec toutes les actus et infos qui me tiennent à coeur sur les DSLR du moment, les accessoires indispensables pour équiper son DSLR (pied, flycam, follow focus, etc, ….), et de nombreux conseils pour bien utiliser son appareil photo en mode vidéo.
– Les VFX (Visual Effects – Effets Visuels) sont mis en avant à travers des tutos, démos et courts métrages…

J’espère que ce petit tour d’horizon de mes 5 dernières années de ma vie vous aura plu,
n’hésitez pas à réagir dans les commentaires.

Retrouvez également dslretvfx.fr sur : Twitter, Facebook et Youtube
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6 thoughts on “Comment changer de métier et se reconvertir vers l’audiovisuel ?

  1. Je n’ai qu’une seule a dire : Bravo !

    Je suis actuellement dans la même situation que toi a une époque : en recherche de réorientation professionnelle. Mais pas celle qui me permettra uniquement d’avoir du travail ( je suis infirmier donc du travail il y en a ), celle qui me permettra de savoir que je suis enfin a ma place dans un secteur qui me parle. Et ce secteur c’est l’audiovisuel.
    J’ai quelques idées de scénarios courts métrage en tête, de reportages musicaux, des projets pleins la tête, et tout ça n’est qu’à l’état de blabla.

    Je me suis renseigné sur les formations en audiovisuel, et ca m’a pas mal refroidit. Rien que le BTS audiovisuel est un parcours du combattant pour l’entrée dans le public, une ruine dans le privée (6000/7000€ l’année) en plus de la sélection sur concour, et les établissements privés de type SAE institut qui proposent des diplômes pas vraiment reconnus en France mais dont la formation coûte elle aussi 7000€ l’année sur 2ans.
    Bien entendu sur ces sites il y a les publicités qui proposent de d’engager des prêts bancaire…

    Donc voilà, a 29ans je ne me peut pas m’embarquer dans une formation qui me coûtera une petite fortune que je n’ai pas, incompatible avec un emplois à mi temps pour survivre financièrement durant la formation. Bref je ne vois pas de solutions. Dans ces conditions je suis donc d’autant plus impressionné par ton parcours.

    Il y a des tas de gens qui n’aiment pas leur métiers ou qui rêvent d’autre chose et qui se disent que ce n’est que temporaire, qu’un jour ils changeront de vie. Un jour…
    Il y a ceux qui passeront leur vie a la fantasmer, en se disant qu’une autre vie était possible, et il a ceux comme toi qui ont fait de cette éventualité une réalité.

    Je te souhaite beaucoup de réussite.

    • merci beaucoup Julien ! En effet pas simple de trouver sa place 😉 pour ce qui est des idées de scénarios et courts métrages, en général ça ne manque pas, ce qui manque souvent ce sont les moyens (financiers et techniques) qui vont avec et le temps pour les concrétiser.
      Le problème avec les formations, comme tu le soulignes, moi aussi ça m’a bien refroidi, c’est qu’à l’issu d’une formation, rien ne garantit qu’on trouvera du travail en lien avec la formation (mis à part peut être pour ceux qui sortent des Gobelins ou ArtFX), perso je me suis dit que je n’aurais jamais de retour sur investissement, vu l’investissement énorme que représente le coup d’une formation, j’ai donc tout appris en auto-didacte, il y a des avantages et des inconvénients comme pour toute formation, et les projets auxquels j’ai participé d’abord bénévolement ont été très formateurs ! c’est le moins que je puisse dire 😉
      je ne sais plus si j’ai précisé dans l’article, mais j’ai quitté mon travail à l’âge de 31 ans (marié 2 enfants ^^), mais je n’aurais pas pu le faire sans le soutien énorme de ma femme.
      Le reste a suivi son cours, avec ses joies et ses peines…
      Ce que je peux te conseiller, c’est de commencer par regarder des tutos dans le domaine qui t’intéresse, en français ou en anglais même si tu n’as pas un bon niveau d’anglais, l’idée est de voir ce dont un logiciel est capable, et un tuto reste quelque chose de très visuel et démonstratif qui parfois peut se passer du son.
      Et bien sûr n’hésite pas à me demander, si je peux t’aider, je le ferais avec grand plaisir !
      Rêver sa vie, ou vivre ses rêves, comme tu l’as dit, j’ai fait mon choix :-)
      Encore merci pour ton commentaire et encouragements.

  2. Hello,

    Mon ami aussi à récemment complètement changé de voie professionnelle et s’est dirigé vers l’audiovisuel pour devenir réalisateur audiovisuel. Bon, il a suivi une super formation dont il est ravi mais il doit encore monter en grade pour arriver à faire ce qui lui plait.
    Au moins il fait ce qu’il aime :)

    ps : Je vous laisse le lien de sa formation pour tout ceux qui s’y intéresse.
    http://www.lidem.eu/formation/formation-audiovisuel-technicien-montage-3d-jeux-video

    Bonne continuation :)

  3. Bonjour,
    Merci beaucoup pour ce témoignage! ça fait réellement du bien de lire une histoire comme la tienne. Je suis également en reconversion professionnelle depuis le début de cette année 2019. J’étais avant archi urba puis chef de projet sur un projet européen et je ne me suis jamais épanouie dans mon travail. Petite je voulais intégrer une école d’audiovisuel je voulais être derrière la caméra, ou dans la production de décors, maquettes effets spéciaux etc, l’écriture mais malheureusement la pression familiale a eu raison de mes convictions profondes. J’ai aujourd’hui 34 ans et j’ai pris la décision d’essayer de me diriger vers un métier qui me plait!
    Ce qui m’intéresse aussi dans ton histoire ce sont les hauts et bas que tu as traversé, montrant que la ligne n’est pas droite jusqu’au but mais aussi le fait que tu te sois fait tout seul. Les formations sont vraiment trop coûteuses pour moi.
    Je suis un peu perdue et je ne sais pas encore quelle direction prendre même si j’aimerai vraiment me diriger dans l’audiovisuel mais je ne sais pas quelle branche (ça doit te sembler très flou), je ne connais pas encore bien l’ensemble des métiers qui s’y raccrochent. Peux tu m’en dire plus sur ton métier ? Merci beaucoup. :)

    • bonjour Anne-Claire,
      merci beaucoup pour ton commentaire, ça me fait très plaisir, et je me sens un peu moins seul aussi
      – mon métier est quelque peu « variable » suivant les entreprises qui vont faire appel à moi. Dans 90% des cas je suis Graphiste, et pour les 10% restant suivant les projets, je peux être amené à faire du montage (donc monteur) ou amené à filmer (réalisateur / cadreur), bref, c’est assez varié, mais il faut savoir aussi se positionner par rapport aux entreprises que l’on cible.
      Sur Paris, par exemple, les métiers sont très catégorisés, alors qu’en province on demandera souvent à une seule et même personne de faire un peu tout sur un projet (tournage, montage, habillage, son, etc, …).
      – un autre détail aussi, mon métier de graphiste est très orienté effets « 2D », je veux dire je ne maitrise pas les logiciels de 3D, mais je peux être amené tout aussi bien à réaliser des effets spéciaux (compositing, rotoscopie, effacer ou ajouter des objets dans une vidéo) sur des pubs TV / ciné
      ou bien je peux également réaliser du motion design (animation de logos, chiffres, etc, …)
      ce sont 2 aspects très différents mais qui se rejoignent autour du même métier.

      enfin, si ça peut t’aider, le meilleur moyen de se former est de
      – pratiquer, il ne faut pas hésiter à participer à des petits projets pour débuter (courts métrages, etc, …)
      – faire des petits tests pour soi avec l’aide de tutos que l’on trouve facilement sur le net
      – et il ne faut pas hésiter à s’inspirer des meilleurs ou de ceux qui t’inspirent et qui t’ont donné envie de te lancer

      tout ça dans quel but ? tout simplement pour te créer ta première bande démo, ce sera ton CV pour aller démarcher des sociétés.
      1min à 2min30 suffisent pour un premier contact, c’est indispensable pour beaucoup de métiers de l’audiovisuel.

      voilà, n’hésite pas à me solliciter si tu as d’autres questions, je serais ravi de pouvoir t’aider.
      bon courage dans ta démarche.

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